Un homme sur deux, après 50 ans, souffre d’un cancer de la prostate. Un nouveau traitement vient d’être mis au point pour guérir la maladie. Le Pr Jean Pierre Giolitto, ancien Chef de Clinique en Urologie, nous en dit plus sur le sujet.

Détecter la maladie

Présente uniquement chez les hommes, la prostate est une glande située sous la vessie et traversée par le canal de l’urètre où s’écoulent l’urine et le liquide spermatique. Avec l’âge, elle augmente de volume, comprimant l’urètre. Les troubles urinaires sont donc les premiers symptômes signalant un dysfonctionnement de la prostate : retard à la miction, jet faible et dispersé, gouttes retardataires, besoin de pousser pour uriner, envie fréquente de faire pipi, de jour comme de nuit. Il arrive aussi que le patient ressente une métastase osseuse au niveau de la colonne vertébrale. Plus rarement, une intervention chirurgicale antérieure révèle la présence de cellule cancéreuse au niveau de la glande. Et souvent, aucun symptôme ne révèle la présence de la maladie, d’où la nécessité d’un bilan de santé pour prévenir la maladie. Par contre, si ces symptômes persistent, il faut consulter un spécialiste pour prescrire un bilan, voire un traitement complet, estime le Pr Jean Pierre Giolitto.

Faire un bilan complet

Les signaux d’alarme majeurs sont les troubles urinaires, des douleurs au niveau de la colonne vertébrale ou dans l’appareil génital. Dans ce cas, il est nécessaire de consulter de préférence un urologue, pour un diagnostic précis et des examens. Le spécialiste prescrira alors un bilan comportant :

– Un toucher rectal désagréable mais indispensable, il permet de vérifier le volume et l’homogénéité de la prostate.

– Une débitmétrie qui consiste à mesurer le volume d’urine qui reçoit la vessie par minute.

– Faire une biopsie de la prostate, en prélevant des petits fragments du tissu de la glande à travers le rectum.

– Une échographie endorectale pour connaître le volume de la prostate.

– Une prise de sang permet de doser un antigène spécifique de la prostate qui, selon sa valeur, détermine si l’on est en présence d’une tumeur en formation ou en stade avancé.

Traiter le cancer de la prostate

Pour freiner voire éradiquer la prolifération des cellules cancéreuses, le traitement par la cœlioscopie a donné des résultats prometteurs. Ce traitement consiste à traiter les cellules cancéreuses directement en insérant un dispositif optique à l’intérieur de l’abdomen. La durée de l’intervention peut prendre entre 1 h 30 à 4 h selon la complexité de la maladie. En effet, il pourrait permettre de contrôler le cancer de la prostate comme le fait la radiothérapie, mais avec moins de complications. Une technique préconisée par les spécialistes en urologie, qui a l’avantage d’être peu invasive, de réduire la durée du séjour à l’hôpital et de limiter les effets secondaires. Par ailleurs, on peut répéter le traitement si la tumeur persiste. Enfin, pour rassurer les patients, les cancérologues devraient se mettre sérieusement à l’écoute de leur patient.