La sclérose en plaques (SEP) est l’une des maladies neurologiques les plus fréquentes dans le monde qui touche deux fois plus de femmes que d’hommes. Si aucun traitement ne peut, à l’heure actuelle, guérir cette pathologie évolutive, différentes études ont cependant pointé le rôle l’alimentation dans sa prévention ou dans le ralentissement de ses manifestations.

Le lien entre l’alimentation et la sclérose en plaques

L’alimentation et le mode de vie influenceraient l’apparition et/ou l’évolution de la sclérose en plaques en agissant sur l’inflammation et les manifestations spécifiques à cette maladie auto-immune.

La sclérose en plaques se caractérise par des réactions inflammatoires entraînant la destruction progressive de la myéline, l’enveloppe protectrice des nerfs du cerveau et de la moelle épinière. Le rôle de la myéline consiste à protéger ces fibres nerveuses et d’accélérer la transmission des messages ou influx nerveux.

Cette altération de la myéline qui serait causée par des toxines provenant de l’intestin pourrait donc être prévenue ou enrayée par la modification du régime alimentaire (et de manière plus générale par un changement de mode de vie) en privilégiant tous les aliments de nature à réduire l’inflammation. Moins d’acides gras saturés (provenant du règne animal ou végétal) et davantage d’acides gras insaturés dans l’alimentation contribueraient à réduire la progression de la maladie. Alimentation et sclérose en plaques seraient donc liées.

Prévenir l’apparition de la SEP et/ou en ralentir la progression

Prévenir et traiter l’inflammation par l’alimentation

Une alimentation riche en acides gras polyinsaturés et en oméga-3 aiderait à réduire la production de cholestérol et de molécules inflammatoires pouvant causer l’apparition ou favoriser la progression de la maladie.

Le poisson joue un rôle de ralentisseur sur les réactions inflammatoires consécutives à la SEP. Certains poissons comme le saumon et le thon contiennent de l’acide eicosapentaénoïque (EPA), un acide gras polyinsaturé aux qualités inhibitoires avérées sur les réactions inflammatoires.

Les aliments riches en amidon et en protéines végétales comme les céréales (orge, seigle, épeautre, millet), comme les tubercules (manioc, pomme de terre sauf en frites), les légumineuses (fèves, lentilles, pois) ou tout autre aliment riche en amidon et protéines végétales sont également recommandés pour prévenir ou traiter l’inflammation.

L’apport en vitamine D jouerait également un rôle sur le système immunitaire en limitant la gravité de la maladie. On la trouve dans le saumon, la sardine, le maquereau, le jaune d’œuf.

Enfin, une étude de l’American Academy of Neurology de Washington mentionne aussi le rôle du café qui, par ses effets protecteurs sur le cerveau, aiderait à raison de quatre tasses par jour à réduire les effets de la maladie.

Réguler la fatigue induite par la sclérose en plaques : les aliments à privilégier

La fatigue est l’un des symptômes les plus courants et handicapants de la SEP. Cette asthénie intense et invalidante, caractéristique de la maladie, peut être traitée par prescription médicamenteuse qui entraînera malheureusement des effets secondaires indésirables. Le changement d’alimentation, notamment un régime riche en légumes recommandé pour augmenter le bon cholestérol (HDL) agirait de manière bénéfique pour réduire la fatigue des personnes atteintes de sclérose en plaque.

Des fibres pour favoriser le transit intestinal

Les personnes atteintes de SEP souffrent souvent de constipation provoquée par une atteinte des nerfs irrigant les intestins et par le manque d’activité physique associé à une mobilité fortement réduite. Une alimentation équilibrée riche en fibres peut donc contribuer à soulager les problèmes de constipation. Les fibres sont entre-autres présentes dans les céréales, les fruits et légumes et les légumineuses.

Il est également important de souligner l’importance de boire beaucoup (environ 1,5 l à 2 l par jour) de boissons pauvres en calories telles que l’eau minérale riche en calcium ou des tisanes sans sucres.

Les aliments à proscrire

Pour limiter l’inflammation certains aliments notamment ceux qui contiennent de l’acide arachidonique (ou acides gras Omega-6) sont à éviter au risque d’en augmenter la teneur dans les cellules déjà attaquées. Ils sont la cause de la synthèse de médiateurs tels que les leucotriènes et les prostaglandines et donc fortement responsables d’aggravation du mal sur des terrains inflammatoires. Il s’agit principalement de :

  • La viande rouge
  • Des poissons gras à l’exception du saumon et du thon qui ne contiennent pas d’acide arachidonique
  • Des œufs
  • La charcuterie (riche en graisses saturées d’origine animale), le lard
  • Des produits laitiers gras (lait entier, le lait de vache, le beurre, la crème, les fromages à plus de 20 % de matières grasses)
  • Des aliments transformés riches en graisses
  • Des boissons sucrées
  • De l’alcool.

Les deux régimes les plus connus dans le traitement de la SEP

Deux régimes aux compositions très différentes ont été testés depuis longtemps et semblent donner chacun de bons résultats.

Le régime Swank, pauvre en graisses

Mis au point par George Jelinek en 1999, ce régime est inspiré des travaux du Docteur Roy Swank. Il est comparable aux régimes contre les maladies cardio-vasculaires, à savoir pauvres en graisses notamment saturées. Il consiste à éviter les apports en gras saturés et à exclure la consommation de produits laitiers et de viandes. ll recommande aussi la consommation d’huile de foie de morue, de poisson trois fois par semaine et la prise d’un complément multivitaminé.

Le régime Wahls Elimination, un régime paléo modifié

Mis au point en 2008 par le Docteur Terry Wahls atteinte de SEP, le régime paléo modifié est basé sur le principe d’apporter le plus de nutriments-clés possibles pour la santé neuronale. Il se compose principalement de légumes, de fruits, d’huiles oméga-3, de protéines animales et de protéines végétales (certaines légumineuses et noix). Le régime supprime les aliments riches en lectine (certaines céréales comme le maïs, le blé, le riz), certaines légumineuses (haricots rouges, blanc, verts, pois chiches, lentilles, soja), certains légumes (aubergines, courgettes, tomates, citrouilles), viandes nourries au maïs…. Sont également exclus de ce régime, les aliments contenant du gluten, les produits laitiers et les œufs.

Les effets du régime Paleo et du régime Wahls Eliination font toujours l’objet d’étude par des experts qui tentent de prouver de manière objective le rôle effectif qu’ils pourraient jouer dans la gestion de la sclérose en plaques.